Verdict le 30 mars : Tout ce qu’il faut retenir du procès Khalifa Sall

Written by on 25 février 2018

Verdict le 30 mars : Tout ce qu'il faut retenir du procès Khalifa Sall

Dernière ligne droite dans le procès du Maire de Dakar avec la réplique du procureur ce vendredi, suivie par la plaidoirie de la défense. Délibéré le 30 mars prochain.

21 jours de procès

Jugé depuis 21 jours pour détournement de deniers publics, le premier magistrat de la Ville est retourné à la barre ce vendredi pour son dernier mot. Cette dernière audience était très attendue par l’opinion, qui considère que le procès a finalement soulevé plus de questions qu’il n’a apporté de réponses. Dans un système avec un juge et deux assesseurs, Malick Lamotte, Maguette Diop et Amath Sy seront ensuite les trois juges pour délivrer leur verdict le 30 mars prochain.

7 ans requis

La nature des plaidoiries n’a pas surpris ceux qui ont suivi les 21 jours de procès.

Le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, qui accuse le Maire Khalifa Sall d’avoir « détourné des deniers publics au moyen de fausses pièces », a fait de son mieux pour prouver son point de vue. Le ministère public a demandé qu’une peine de 7 ans au minimum soit prononcée contre les sieurs Khalifa Sall et Mbaye Touré, avant de réclamer une amende de 5 milliards 490 millions de francs CFA.

Fonds politiques ou caisse d’avance

Pour sa part, la défense a tenté de convaincre le président du tribunal que ces faits reprochés à Khalifa Sall et ses co-prévenus ne sont pas établis. L’édile a réaffirmé depuis le début qu’il utilisait des fonds politiques et non une caisse d’avance, de la même manière que ses prédécesseurs, à la tête de la municipalité. Si cette version du Maire est contestée par les percepteurs municipaux (Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré), il reviendra au tribunal de grande instance statuant en matière correctionnelle de considérer si elle est plausible. Il reviendra aussi au juge Lamotte de considérer si le parquet a réussi à prouver la culpabilité de l’édile et ses collaborateurs « au-delà d’un doute raisonnable ».

Un préjudice de 6,8 milliards

En attendant, l’Etat, par la voix de l’Agent judiciaire, a réclamé « ses » intérets à l’action publique, celle-ci porte « son » action civile. Antoine Félix Diome a demandé une réparation, c’est-à-dire 1 milliard 830 millions de francs Cfa pour le préjudice matériel et sur le plan moral, la somme de 5 milliards. Au total, la partie civile veut recouvrer la somme de 6 milliards 830 millions et réclame la confiscation des biens de Khalifa Sall et Cie. Des témoignages aux PV de réception, en passant par les arrêtés signés par des ministres en charge du Budget et de fausses pièces, la juge a déjà compulsé des milliers de pages de dossier.

« Procès politique »

Le parquet, les parties civiles et la défense ont aussi déjà remis leurs conclusions écrites au juge, qui rendra son verdict le 30 mars prochain. Reste que les cinq prochaines semaines vont capter l’attention de tout un pays. L’avenir politique de Khalifa Sall étant en jeu.

Ses avocats  n’ont pas hésité à accorder régulièrement des interviews aux journalistes sénégalais et étrangers, pour dénoncer un « procès politique ». La presse locale et étrangère ne s’est pas gênée pour faire remarquer que des incidents d’audience ont bien eu lieu.

Fausses factures du GIE Keur Tabara 

Aux échanges houleux, extrêmement corsés, entre parties au procès, s’est ajouté le comportement de certains dans la salle d’audience. Les partisans de Khalifa Sall, exclu du Parti socialiste (PS), avaient toujours été relativement assidus au procès de leur leader. Mais sa famille, très affectée, avait préféré l’éviter. Comme si c’était la seule chose qui lui restait, Khalifa Sall profitera à fond des dernières semaines de sa détention préventive. Le député-maire se prépare psychologiquement, selon des proches, à vivre encore derrière les barreaux d’ici à quelques années. Mais, tout est encore possible pour le Maire de Dakar, qui espère être renvoyé, le 30 mars prochain, des fins de la poursuite sans peine ni dépens. Les fausses factures du GIE Keur Tabara ne peuvent servir de justificatifs pour le décaissement d’une peine…

Source DkrActu


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